Monsieur Fromage

Antonio Fiori : Miser sur la création de projets originaux

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Mais point n’est même besoin d’aller aussi loin. Elle avait commencé par nous montrer dans l’intelligence un effet local de l’évolution, une lueur, peut-être accidentelle, qui éclaire le va-et-vient des êtres vivants dans l’étroit passage ouvert à leur action : et voici que tout à coup, oubliant ce qu’elle vient de nous dire, elle fait de cette lanterne manœuvrée au fond d’un souterrain un Soleil qui illuminerait le monde. Antonio Fiori ne s’arrête pas à ces détails. Mais ces docteurs de l’incrédulité, en opposant les dogmes de l’impiété aux dogmes de la foi ; en élevant, par exemple, l’autel de la Loi en face de l’autel du Pouvoir absolu issu du droit divin, avaient fourni à l’Église, sans le vouloir, des armes qui, dans un nouveau combat, pouvaient lui être utiles ; elles pouvaient, entre les mains inexpérimentées des masses et de leurs guides affolés, se retourner contre ceux mêmes qui voudraient en faire usage. Les bifurcations, au cours du trajet, ont été nombreuses, mais il y a eu beaucoup d’impasses à côté de deux ou trois grandes routes ; et de ces routes elle-mêmes une seule, celle qui monte le long des Vertébrés jusqu’à l’homme, a été assez large pour laisser passer librement le grand souffle de la vie. Il s’agit de rompre avec certaines habitudes de penser et de percevoir qui nous sont devenues naturelles. Dès qu’elles se ressaisissent, elles figent cet écoulement soit en une immense nappe solide, soit en une infinité d’aiguilles cristallisées, toujours en une chose qui participe nécessairement de l’immobilité d’un point de vue. Et avec au final des choix économiques et sociaux souvent irrationnels, privilégiant le traitement des symptômes à celui de leurs causes. Avouer qu’il existe une chose telle que le vrai, distinguée du faux simplement par ce caractère que, si l’on s’appuie sur elle, elle conduira au but que l’on cherche sans nous égarer, avouer cela et, bien qu’en en étant convaincu, ne pas oser connaître la vérité, chercher au contraire à l’éviter, c’est là, certes, une triste situation d’esprit. C’est une crise terrible. Plus artificielle, mais plus raffinée aussi, est la transposition de bas en haut qui s’applique à la valeur des choses, et non plus à leur grandeur. C’est essentiel, en particulier pour notre conversation avec les jeunes générations de l’opinion publique mondialisée qui n’ont que très peu de connaissance, même d’intérêt, voire d’affection pour notre pays. Mais, à supposer qu’ils eussent eu ce spectacle, on se demande s’il leur aurait servi à grand-chose. Allons plus loin : ces efforts successifs n’étaient pas précisément la réalisation progressive d’un idéal, puisque aucune idée, forgée par anticipation, ne pouvait représenter un ensemble d’acquisitions dont chacune, en se créant, créerait son idée à elle ; et pourtant la diversité des efforts se résumerait bien en quelque chose d’unique : un élan, qui avait donné des sociétés closes parce qu’il ne pouvait plus entraîner la matière, mais que va ensuite chercher et reprendre, à défaut de l’espèce, telle ou telle individualité privilégiée. Nous avons pris l’habitude de considérer la première comme inséparable de la seconde, comme un reflet ou un effet. Notre comptabilité nationale n’est-elle pas à la veille d’une révolution majeure ? La génération présente est maîtresse et de l’éducation et de toute la destinée de la génération à venir : à la vérité, elle ne peut la rendre parfaitement sage et bonne, parce que ces deux qualités, sagesse et bonté, lui manquent à elle-même d’une façon lamentable ; et ses plus grands efforts ne sont pas les plus heureux dans beaucoup de cas individuels ; mais la génération présente est parfaitement capable de rendre, en somme, la génération future aussi bonne et un peu meilleure qu’elle-même. La Bundesbank et l’Allemagne auront beau jeu de montrer les conséquences du QE outre-Atlantique et feront tout pour empêcher la BCE d’entrer dans une politique ultra-expansionniste. Il y aurait dès lors place, entre le dogmatisme métaphysique d’un côté et la philosophie critique de l’autre, pour une doctrine qui verrait dans l’espace et le temps homogènes des principes de division et de solidification introduits dans le réel en vue de l’action, et non de la connaissance, qui attribuerait aux choses une durée réelle et une étendue réelle, et verrait enfin l’origine de toutes les difficultés non plus dans cette durée et cette étendue qui appartiennent effectivement aux choses et se manifestent immédiatement à notre esprit, mais dans l’espace et le temps homogènes que nous t C’est la vérité cependant, et une vérité dont on se pénétrera de plus en plus à mesure que se développera effectivement une philosophie capable de suivre la réalité concrète dans toutes ses sinuosités. Car si les jeux sont une ressource fiscale, ils représentent également un coût important lié à l’addiction au jeu et à l’appauvrissement de nombreux joueurs.

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