Monsieur Fromage

Antonio Fiori : Une approche liée à la structure politique de l’Allemagne

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Suivant ce schéma, Google a obtenu le droit de vendre des produits d’assurance dans 26 États américains. En France, l’expérience Google a duré 3 mois, le temps d’un été. Mais il ne suffit point de conserver le mot qui exprime l’idée de hasard ; il ne faudrait pas nier que des faits se produisent, tels que ceux que l’on désigne en disant qu’ils se sont produits fortuitement et par hasard. Internet fédère également les acteurs traditionnels de l’assurance autour de la crainte des nouveaux acteurs positionnés sur les canaux de distribution numérique. En effet, bien qu’assureurs et bancassureurs bénéficient de réseaux de distribution différents, leurs modes de fonctionnement, la relation client qu’ils instaurent, et surtout les produits qu’ils vendent, sont similaires et procurent aux clients des services comparables. Les acteurs extérieurs, eux, émergent de l’écosystème d’Internet et de ses startups, et proposent donc une nouvelle expérience client, et un nouveau modèle économique pour l’assurance. Internet préfigure l’assurance de demain : simplification des démarches administratives, dématérialisation de la documentation et de la relation contractuelle, numérisation de la gestion des sinistres, optimisation du calcul du risque par le Big Data, sont autant de perspectives ouvertes à l’assurance par l’innovation digitale. L’assurance de demain c’est également le Marketing One-To-One et la souscription à une police spécifique pour des besoins ponctuels. Le secteur s’apprête à vivre un bouleversement technologique, comme le démontre le choix fait de s’installer en Californie pour ouvrir un Lab dédié à l’innovation digitale. En France, le secteur de l’assurance est aujourd’hui animé par deux types d’acteurs qui s’opposent pour contrôler un marché majeur de l’économie : les assureurs traditionnels et les bancassureurs. Ils profitent chacun d’avantages pour tirer profit de ce marché représentant 199 milliards d’euros de collecte pour 159 milliards d’euros de prestation fournie. Alors que la loi Hamon se traduit notamment par une réduction de l’engagement des clients vis-à-vis des assureurs, cette opposition semble même devoir tourner à l’avantage des bancassureurs puisque la fréquence des contacts clients, et donc l’opportunité de vente, y est significativement supérieure. Cependant, dans un contexte où le canal numérique devient le premier recours utilisé par un client pour contacter sa banque ou son assureur, ces acteurs traditionnels sont face à un défi de transformation digitale. cette année pourrait bien être une année charnière dans le monde de l’assurance. Tout du moins, cette année pourrait être l’amorce de changements de fond pour le modèle de cette industrie qui se découvre autant de nouvelles perspectives que de menaces face à la transformation digitale des modes de consommation. Alors que la loi semble remettre en concurrence les différents assureurs au profit de nouveaux canaux de distribution, les rumeurs concernant l’arrivée de Google sur le marché de l’assurance française n’ont jamais été aussi fortes. Alors, demain va-t-on s’assurer comme on recherche une information par Google. L’assurance est-elle prête à un tel bouleversement. Une petite remise en contexte s’impose. Ils créent une véritable concurrence sur le long terme pour les réseaux de distribution. Dans un contexte où l’on observe une baisse conjoncturelle de la loyauté des clients, conjuguée à la hausse des informations disponibles, et des capacités de comparaison offertes par les technologies de l’information, les nouveaux acteurs représentent une nouvelle concurrence émergente pour le secteur traditionnel. Un secteur qui peine à adapter son circuit de distribution. D’une part, les comparateurs d’assurance verraient leur activité directement menacée par la notoriété, la base utilisateurs, et surtout par les synergies entre les différents produits du groupe. Bien que Google soit l’objet de procès pour abus de position dominante en Europe, peu de recours seraient laissés aux acteurs actuels le temps que les procédures aboutissent. En effet, il y a fort à parier que via son système de référencement les offres d’assurance commercialisées par Google seraient mises en avant par le moteur de recherche éponyme. Ainsi, grâce au décalage inhérent à la temporalité judiciaire, Google auraient déjà les moyens de s’établir comme un acteur dominant de la distribution de produits d’assurance par le canal web. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « Il ne peut pas pleuvoir chez le voisin sans que nous ayons les pieds mouillés ». Cependant, il faut, avant de tirer des conclusions, garder à l’esprit que Google ne pourra distribuer des produits d’assurance qu’en partenariat avec la profession, et que le rapport de force ne s’installera pas directement en défaveur des assureurs.

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